MARTIN Bruno Licencié au Club Cyclo de Haccourt (oupeye), 47ans.
Et voila je mes suis fixé comme objectif du mois D'Aout 2011 de faire la Bicinglette du Ventoux. C'est l'année passée au Ventoux lors d'une rencontre avec Florence Girard dit CDV que son récit sur ce défi commençait à me donner des idées. CDV fut la première à inaugurer ce brevet et le Ventoux n'a pas de secret pour elle.
Soit 6 ascensions et les 6 descentes soit 272 km et 8886m de dénivellation le tout en 24h maximum, pour comparaison L'Everest, c'est depuis le niveau de la mer, 8848m de D+.
Pour le moment : réflexion sur le timing, préparation du matos etc.
C'est décider le défi je le fait avec le look 586 car il est un peu plus souple et moins rigide que mon Scott Addict.
Voici un aperçu des réglages pris en considération :
Cassette adaptée 27,25,23,21,19,17,15,14,13,12. avec un pédalier compact 50x34.J'ai remonté la potence de 1 cm afin d'avoir un meilleur confort. Le choix des roues : je ne prends pas mes roues en carbone dt Swiss 32mm mais des Dura ace C24 avec bande de freinage Alu un peu moins rigide et peu sensible au vent latéral. Eclairage un frontal sur casque le Sigma Karma evo pro et un fixe sur le cintre un sigma karma Powerled evo pro, à l'arrière un double feux rouge led clignotants. Le compteur mon Garmin 705 petit problème, la durée de la batterie est de +- 12 heures, sachant que vais rouler entre 16h00 et 20h00 j'ai fait l'achat d'une batterie externe pour GPS (utiliser sur moto) qui augmente la durée de la batterie de 10h00 à 15h00. ... ....J'ai aussi fait l'achat d'une caméra embarquée la Drift innovation 170 HD, ce qui me permettra de faire une série de petites vidéo sur chacune des 6 montées et descentes.(cette camera est aussi équipée d'un accu plus puissants qui fait passer l'autonomie d'enregistrement à 4h00 en HD 1080)C'elle ci fait aussi appareil photo 5 megapixels.
Maintenant le timing provisoire et sous réserve de mon état de fatigue , pour celui ci je me suis basé sur mes temps de montée que j'avais réalisé lors de mes 2 cinglés du Ventoux le 1er en 2006 N°1739 et le 2ème en 2010 N°3325.
Voila départ à 02H45 le Jeudi 11 Aout 2011. Ephéméride du jour : Lever 6h34 coucher 20h52.
Bicinglette du Ventoux du jeudi 11 Aout 2011. Bicinglé N°34
6ème Belge (3ème Francophone) et 34ème International depuis la création en 2007.
La Bicinglette : 6 montées du Ventoux dans la même journée 272 KM 8886 mètres de dénivelé positif (pour comparaison L'Everest, c'est depuis le niveau de la mer, 8848m de D+.)
Le défi des Cinglés du Ventoux, c'est de monter le Ventoux par 3 voies différentes, en 24h. Tout est expliqué sur le site du Club des Cinglés du Ventoux. : www.clubcinglesventoux.org/ (J’avais déjà réalisé 2 cinglés du Ventoux le 1er en 2006 N°1739 et le 2ème en 2010 N°3325.)
La Bicinglette, c'est comme son nom l'indique, deux fois les trois montées du Mont Ventoux, toujours dans la même journée. (
Je suis le 6ème Belge à avoir réalisé pour le moment ce défi et le 34ème au niveau internationale depuis sa création le 07/07/2007.
J’ai débuté ma première ascension à 2h42 du matin au départ de Bedoin. Je redoutais un peu le noir mais ce moment fut magique aidé par un éclairage frontal et fixe performant. De nuit, la pente a vraiment l’air d’être moins raide. Cependant, on est bel et bien seul face au Mont Ventoux .
Arrivée au sommet à 4h56 ; il fait encore noir et déjà plusieurs personnes sont là à attendre le lever du soleil. Pour ma part, je sais que ma journée est loin d’être terminée, donc je ne reste pas pour profiter du spectacle mais demande quand même à être photographié. Je passe un survêtement, mets des gants d’hiver car il ne fait que 7°c puis j’attaque la descente vers Malaucène, toujours dans le noir.
Heureusement j’ai de bons freins car il est dangereux de rouler à plus de 60 km dans le noir surtout du fait que des animaux peuvent surgir des bas cotés.
Et puis c’est la grosse frayeur : un petit renard aveuglé par mon éclairage vient à hauteur de ma roue avant et tourne sur place. Je freine le plus progressivement possible et chance pour moi, il s’en va dans les fourrés, j’ai pensé un instant que c’était déjà la fin.
Arrivée à Malaucène à 05h35 ; juste le temps d’une photo, de remplir les bidons, d’enlever le survêtement et c’est reparti pour la 2ème montée de la journée. La montée s’effectue encore dans le noir pour les 10 premiers kilomètres puis le soleil commence à se lever. Arrivé au sommet, je n’ai pas encore croisé une seule voiture ni un seul cycliste.
Déjà 8h00 ; la photo et ensuite descente vers Bedoin où j’ai rendez vous avec la Patronne , la Grande Chef de la Bicinglette. Je croise enfin les premiers cyclistes sur la route mais également beaucoup de moutons. Les cyclistes me regardent bizarrement avec ma lampe frontale et mon éclairage fixe.
Bedoin, 8h42, je retrouve Florence Girad appelée aussi Cinglée du Ventoux sur le site www.velotrainer.net, c’est elle qui fut la première à réaliser ce défi en 2007.
Je me débarrasse d’un de mes maillots, de mes éclairages et jambières.
C’est reparti pour la 3ème montée de la journée ; une montée royale accompagnée par Madame Florence Girard, vous savez la Chef, elle qui a été la première à relever ce défi. Je reste toute la montée avec elle dans le but de me préserver pour la suite mais je dois avouer que le rythme était déjà bien assez élevé comme cela sur ma 3ème montée. Arrivée au sommet à 10h58.
Juste le temps pour le tampon à la boutique et le ravitaillement puis en route pour une belle descente - de jour cette fois - vers Malaucène.
A 11H40, je salue la chef Des Bicinglés du Ventoux et repars dans la grosse chaleur vers ma 4ème ascension. Malaucène, un coté que je trouve plus difficile que Bedoin avec ce long tronçon droit à 11%. J’arrive fatigué au sommet à 14h35 à cause de la chaleur, des 160 km déjà dans les jambes et aussi plus de 6000m de dénivelé positif.
Direction la boutique, il faut penser à boire et manger. Il ne fait pas trop chaud mais il y a beaucoup trop de monde au sommet. Je décide donc de ne pas m’attarder er de descendre vers Sault. Je m’arrête à l’ombre un petit ¼ d’heure pour faire le point et m’alimenter. C’est mon premier moment difficile. Je sais que la montée par Sault va être plus facile alors je m’accroche et arrive à Sault à 15h50.
Et voilà plus que 2! J’arrive péniblement au sommet à 18h10, je viens d’essuyer un gros coup de fatigue peut être une fringale. Je me pose de plus en plus de questions mais pour certains amis et par amour propre, je me dis « bats-toi ». 19h30, je quitte Sault pour la 6ème et dernière montée sans être certain de ne pas abandonner avant le sommet. J’ai remonté mon éclairage, pris mon fluo et c’est parti pour plus de 2 heures de Galère. J’ai l’impression que mes genoux vont exploser, je manque de force et la nuit tombe. Je sais que je vais arriver sur le faux plat de Sault juste avant Chalet Reynar et que cela va être plus facile. Je vais pouvoir essayer de récupérer avant les 6 derniers Km du Ventoux. 1 km avant Chalet Reynar, la nuit est tombée et mon éclairage m’ouvre la voie sur ce magnifique Ventoux accompagné par une pleine lune magnifique.
Les 6 derniers Km, c’est l’enfer et la douleur. Je pense à mes amis qui m’ont demandé de réussir. Je pense aussi « au respect » que j’avais été demandé au Ventoux en faisant le tour du Mont Ventoux la semaine précédent le défi. 5km , 4km, 3km, 2km ça devient interminable. Seul, c’est au courage que j’arrive au bout de cette épreuve. Et surprise : des touristes m’applaudissent au sommet et me félicitent.
Je leur explique l’exploit et me prennent en photo. Mais ce n’est pas tout, il est 21h55 et pour réussir le défi, il faut redescendre jusqu'à Bedoin. Les touristes me saluent et me disent d’être prudent à cause du gibier.
Je fais la descente la plus raide dans le noir, là où j’ai débuté ce matin, dans les mêmes conditions ; les premiers Km avec les larmes aux yeux car c’est surtout une satisfaction personnelle d’avoir été jusqu’au bout de moi-même, seul sans personne dans les moments difficiles et en symbiose avec Ce Géant. Je me reprends maintenant car je vais attaquer la forêt avec son long passage à 10%. J’allume l’éclairage de mon compteur et essaye de ne pas dépasser les 50km/h. Je regarde partout pour ne pas avoir de mauvaise surprise. Puis 2 gros yeux à la sortie d’un enchainement de virages, c’est un énorme cerf suivi d’une biche qui quittent le chemin. Ca vous refroidit un peu. Je me crispe encore plus puis du côté droit, à +/- 150m à nouveau 2 yeux sur le bord de la route ; cette fois je ralentis car j’ai peur de rencontrer une famille de sangliers. Mais non, c’est un lynx ou un chat sauvage en bord de route en position d’attaque. Merveilleux souvenir que cette dernière descente ! J’arrive à St Estève et là, il faut encore donner quelques coups de pédales pour relancer. Mon corps n’en peut plus et j’arrive à peine à pédaler.
Et voilà mon épouse est là au rendez-vous à Bedoin sur le parking du marchand de cycles. C’est fini et je suis très heureux. Jai mal mais malgré cela, je lui dis que c’était merveilleux. Je l’ai fait mais ne le ferai plus jamais. C’est vraiment la chose la plus dure physiquement et mentalement que j’aie connu.
Voici mes temps réels de montée :
1ère montée Bedoin : 2h12
2ème montée Malaucène : 2h08
3ème montée Bedoin : 2h05
4ème montée Malaucène : 2H24
5ème Montée Sault : 2H41
6ème Montée Sault : 2H21 Temps total de selle 17H23 272km 8894m de D+ 11900 calories.